La logique

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La logique, ou manière de raisonner, de l'homme adulte semble être une logique syncrétique, amalgame variable de différentes formes de raisonnements, certains propres à la structure fonctionnelle du système nerveux, d'autres spécifiques à l'environnement écologique et surtout culturel.

A - Logique "innée" ou neurale

La logique "innée" correspondrait aux modes d'activités propres au système nerveux, engendrés par l'architecture spécifique du cerveau mammalien et humain.

Les caractéristiques de la logique neurale seraient :

La logique neurale serait très dépendante de la "puissance affirmatrice des perceptions et des représentations sensorielles et affectives".

Par exemple, à la question de la mobilité de la terre et du soleil, à partir de la perception de l'immobilité de la terre et de l'observation du mouvement du soleil dans le ciel, l'homme en viendra à déduire que la terre est immobile et que le soleil tourne autour.
À la question de savoir si un objet ayant une température de 80 degré Celsius est "chaud" ou "froid", par le contact avec cet objet, une personne déclarera qu'il est "brûlant", alors que dans l'absolu, où les températures s'échelonnent entre -273.15 °C et 108 °C, 80 °C est plutôt une température "froide".

La logique neurale serait subjective par nature. Il semblerait que l'objectivité, ou plutôt un moindre degré de subjectivité, ne s'acquière que progressivement, au cours d'un long travail d'étude et de réflexion.

Remarque : La logique neurale serait spécifique à la dynamique fonctionnelle de l'ensemble du système nerveux central. Les logiques acquises seraient plutôt spécifiques à la dynamique fonctionnelle du néocortex.

 

B - Logiques "acquises"

L'existence de différentes logiques acquises, écologique, culturelle et formelle, se justifierait par l'existence d'environnements bien caractéristiques (et bien distinct les uns des autres) qui induiraient l'apprentissage de certaines forme de raisonnement : environnement physique et écologique, environnement culturel, et environnement scientifique.
L'apprentissages des formes de logique ne se ferait pas n'importe comment, mais se réaliserait uniquement dans la "marge de plasticité" du système nerveux.

La logique écologique correspondrait à l'acquisition d'une forme de raisonnement dépendante des phénomènes naturels.

Initialement l'homme observe des phénomènes naturels : après la pluie, l'environnement est humide ; Après le jour vient la nuit, à laquelle succède à nouveau le jour ; Les objets tombent en direction du sol, etc.
À partir de ces observations, il infère des règles logiques (ici de logique écologique) qu'il applique à d'autres problèmes ou questions : Par exemple, à la supposition de la rotondité de la terre, il en viendra à déduire que les habitants de la partie "inférieure" du globe devraient "tomber" dans le vide.

Cette logique écologique, de nature subjective, serait acquise par simple imprégnation au cours du temps, par l'exposition répétée aux phénomènes naturels.

La logique culturelle correspondrait aux formes de raisonnement utilisées par tel ou tel groupe culturel.

Par exemple, dans l'Antiquité, il était tout à fait logique et normal pour un citoyen de la guerrière cité de Sparte de tuer les nouveau-nés atteints de difformités, dans la mesure où ils ne pourraient à l'âge adulte assumer les obligations militaires.

Cette logique culturelle, de nature subjective, serait transmise par simple imprégnation au cours du temps, par l'exposition répétée aux us et coutumes du groupe social d'appartenance.

La logique formelle correspondrait aux formes de raisonnement utilisés en logique formelle classique, en mathématique et en sciences.
Cette logique formelle, de nature objectivante (c'est-à-dire tendant à l'objectivité, ou du moins à un moindre degré de subjectivité), serait graduellement acquise par un apprentissage et un entraînement systématique.

La logique scolastique correspondrait aux formes de raisonnement apprises de façon méthodique dans le cadre scolaire.
Les caractéristiques de la logique scolastique serait variables, en fonction du contenu pédagogiques des programmes. Elle serait en général un panaché composé des logiques écologique, culturelle et formelle.

En général, chez l'adulte, les différentes formes de logique décrites ci-dessus coexisteraient. Le raisonnement habituel, qui est subjectivement considéré comme correct, serait en fait un raisonnement syncrétique constitué de la combinaison de ces différentes formes de logique.

Remarques :

c - Remarques diverses

Dans le cas où les hypothèses exposées ci-dessus seraient exactes, il conviendrait de favoriser par l'éducation le développement et l'acquisition des logiques rationnelles et scientifiques, afin de maximiser les capacités d'objectivité du raisonnement humain.
En effet, d'une part, d'après M.P. Palmarini, "il ne suffit pas d'être informés au sujet de nos illusions décisionnelles et de la magie spontanée de notre pensée pour approcher de la rationalité idéale".
Et, d'autre part, d'après les données de l'ethnologie, il semblerait que la subjectivité du raisonnement humain soit telle que l'être humain puisse élaborer de nombreuses formes différentes de raisonnement et qu'il puisse ainsi aboutir et croire quasiment à n'importe quelle conclusion.

 

 

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