LEXIQUE de mots concernant la biologie
Émergence : Cela désigne un phénomène particulier d'apparition de nouvelles propriétés au sein d'un système. Une propriété est dite "émergente" lorsqu'elle n'existe que dans la totalité du système fonctionnant et qu'elle ne peut être réduite aux éléments qui composent ce système, ni avoir d'existence en dehors d'eux. Caractéristiques structuro-fonctionnelles du système nerveux Les caractéristiques structuro-fonctionnelles (ou facteurs d'émergence) qui rendraient compte de la dynamique particulière du système nerveux seraient :
b - Plasticité cérébrale
La structure cérébrale, et tout particulièrement le néocortex, peut se modifier sous l'influence des stimuli de l'environnement ou de l'activité endogène. Le système nerveux central n'est pas une structure figée. c - "Modules fonctionnels" "précablés"
Il semblerait exister au sein du système nerveux central de nombreuses structures précablées, d'organisation simple, apparaissant précocement au cours du développement et étant fonctionnellement relativement autonomes. d - COMBINAISON de "modules fonctionnels" "précablées" e - Structures "Nodales"
Interaction (psychobiologie) : Influence réciproque de plusieurs entités (forces, objets, personnes, ...). Au sein d'un système, l'interaction entre différents éléments serait un des facteurs majeurs qui expliqueraient l'émergence de nouvelles propriétés.
Organisation n.f., ou Organisé adj. (psychobiologie) : Façon dont un ensemble est constitué en vue de son fonctionnement. Il est supposé que c'est l'organisation de la structure qui serait le facteur déterminant responsable de l'émergence d'une fonction bien particulière. Les mêmes éléments, mais organisés de manière différente, produiraient l'émergence d'une autre fonction.
Processus (psychobiologie) : Au sens large, un processus correspond à un enchaînement organisé et ordonné de faits ou de phénomènes actifs, répondant à un certain schéma et aboutissant à un résultat déterminé. Au sens restreint, psychobiologique, un processus correspondrait à un phénomène biologique, généralement complexe. Il mettrait en jeu de nombreux éléments moléculaires, cellulaires et/ou de l'organisme. Il serait nécessaire de faire appel à des notions de temps, d'interactions et d'émergence afin d'expliciter son fonctionnement. Au contraire d'un mécanisme, l'activité d'un processus ne pourrait être expliquée par la simple description des éléments matériels en interaction.
Temps n.m., ou Temporel adj. : Le facteur temporel serait un des facteurs majeurs du développement de la dynamique et des comportements.

Organisation du neocortex
C'est l'activité cérébrale qui est la cause principale de la modification de la structure nerveuse. La modification structurelle est intrinsèque et concomitante à l'activité fonctionnelle. Cette dernière est ainsi, par voie de conséquence, également modifiée. Cette cyclicité des modifications est spécifique de la dynamique neurale.
Mais cette modification de la structure nerveuse n'est ni aléatoire, ni illimitée. La macrostructure cérébrale n'est pas modifiée (stabilité des noyaux, des faisceaux de projection, des aires néocorticales, ...). Les modifications n'interviennent qu'au niveau microstructurel et sont spécifiques (modification des synapses, de la force des synapses, diminution ou augmentation du nombre de récepteurs, ...).
La plasticité cérébrale est le facteur d'émergence de nombreuses propriétés cérébrales, dont l'apprentissage et la mémoire.
Le terme "précablé" fait référence à des connexions synaptiques préétablies au cours de l'ontogenèse (ou du moins qui se stabiliseraient avant la naissance).
Au plan fonctionnel, ces connexions préétablies permettent l'exécution des actes réflexes, actions stéréotypées mais ne nécessitant aucun apprentissage préalable.
Chaque acte réflexe dépendrait d'un "module fonctionnel" "précablé".
Au plan développemental, ces structures joueraient un rôle déterminant dans le développement et la dynamique fonctionnel du système nerveux central, en particulier dans l'émergence de certains processus neuraux homéostatiques et de certains comportements simples.

Connexions synaptiques
La COMBINAISON et la COORDINATION spatiale et temporelle de différents "modules fonctionnels" "précablés" permettraient l'émergence de nouveaux processus et comportements simples : poursuite oculaire, marche, orientation, éjaculation, coordination visuo-motrice, ...
Comme exemple de comportement basé sur des COMBINAISON de "structures précablées", on peut citer le comportement moteur, qui se construit sur des réflexes initiaux (réflexes archaïques, réflexes du tonus moteurs, réflexes labyrinthiques, ...) progressivement associés et coordonnés entre-eux.
D'après les données de la neuroanatomie, on observe que les connexions entre les neurones ou les groupes de neurones ("modules fonctionnels") sont très diverses. Certaines structures reçoivent et émettent beaucoup de projections, d'autres en émettent beaucoup et en reçoivent peu, etc. Les connexions peuvent provenir de l'ensemble du système nerveux ou être limitées à certaines régions, etc. On observe que quasiment chaque structure neurale a un pattern de connexion qui lui est propre.
Il semblerait que cette organisation particulière des interconnexions puisse être, pour certaines structures, à l'origine de fonctions bien spécifiques.
Ces interconnexions particulières détermineraient, dans certains cas, des architectures spécifiques de réseaux, qui ainsi sous-tendraient, au plan fonctionnel, des modes d'activation caractéristiques. Il est proposé d'appeler ces structures "structures nodales" en référence au latin nodus, nœud, qui signifie "endroit où se croisent plusieurs voies de communication" et "ce qui constitue le point essentiel".
Exprimer différemment, par rapport à une fonction sous-tendue par un réseau de structures, la structure nodale serait celle qui, de par sa position et ses connexions spécifiques dans le réseau, serait impliquée de façon principale dans l'émergence de cette fonction.
Comme exemple de structure clé d'un réseau fonctionnel on peut citer les colliculi supérieurs, qui seraient la structure nodale du processus d'orientation.
Remarques :
Les structures nodales n'apparaissent qu'à partir d'un certain niveau de complexité (il faut en effet qu'il existe une possibilité d'interconnexion de plusieurs modules ou réseaux de modules).
Le concept de "structure nodale" serait plutôt spécifique des structures sous-corticales (à l'exclusion des structures myélencéphaliques et médullaires). Concernant l'architecture des réseaux de neurones néocorticaux, le manque actuel de connaissances détaillées sur l'organisation des interconnexions au sein des réseaux ne permet pas de savoir si le concept d'"aire ou de réseau nodal" serait également pertinent pour rendre compte des processus néocorticaux.
Néanmoins, certaines régions corticales, telles les aires 10 préfrontale, 40 pariétale et 23 cingulaire, qui sont actives lors de nombreuses tâches cognitives différentes, sembleraient être des "aires nodales".
f - Autorégulation
Le traitement de l'information serait auto-régulé. Il n'existerait pas de structure ou de région "centrale" ou "supervisatrice", dirigeant et contrôlant le système nerveux.
Les structures neurales auraient une activité relativement autonome, autorégulée par leurs afférences réciproques inhibitrices ou activatrices, et modulées par le milieu neurohumoral (tout particulièrement pour les régions médullaires et du tronc cérébral).
La régulation de l'activité de ces structures ne dépendrait pas d'une structure centralisatrice, mais de l'autorégulation dynamique induite par l'interdépendance fonctionnelle des différentes structures en interaction.
Remarques
On pourrait éventuellement envisager que les structures dites "nodales", en raison de leurs connexions "carrefours" avec les autres structures, aient un rôle régulateur.
Au niveau fonctionnel, l'auto-régulation de l'activité électrophysiologique du traitement de l'information se traduirait par un "équilibre fonctionnel dynamique".
g - Dynamique fonctionnelle distal/global proximal/local
Il semblerait qu'une des caractéristiques de la dynamique fonctionnelle du système nerveux soit un contrôle "distal/global proximal/local" de l'activité neurale.
Par exemple un mouvement de préhension d'un objet nécessite un contrôle de nombreux muscles situés dans le membre antérieur. Ce mouvement peut être décomposé en actes moteurs élémentaires : mouvement du coude, du poignet, des doigts, contrôle du tonus musculaire, de la pression de préhension, etc. Chaque acte élémentaire est contrôlé par une boucle réflexe médullaire (le tonus musculaire par les fibres intrafusales du fuseau neuromusculaire, la contraction/décontraction des muscles antagonistes par des interneurones médullaires, etc.). La coordination de ces actes élémentaires est assurée par des structures plus complexes (noyaux réticulaires, noyau rouge, etc.), le contrôle volontaire par des structures encore plus complexes (Noyaux striées, aire motrice supplémentaire, etc).
En situant une origine au niveau des neurones sensoriels et moteurs (niveau d'organisation I), les mécanismes médullaires réflexes sont des mécanismes proximaux contrôlant les actes élémentaires locaux et les processus mésencéphaliques ou télencéphaliques (niveaux d'organisation II à V) sont des processus distaux coordonnant des mouvements globaux.
On pourrait ainsi définir un axe proximal-distal ayant comme origine les interconnexions réflexes ("modules fonctionnels") et comme fin les structures télencéphaliques. Il semblerait que la majorité des actions et réactions du système nerveux correspondent à un ensemble d'actes élémentaires (actes proximaux ayant un effet uniquement local) coordonnés par des structures éloignées de plusieurs synapses (coordination distale ayant un effet plus global).
Les structures neurales les plus complexes auraient ainsi des effets excitateur ou inhibiteur, facilitateur ou modulateur sur ces ensembles coordonnés de "modules fonctionnels" "précablés", produisant ainsi des comportements plus élaborés et adaptés.
Remarques
Quel que soit le niveau de complexité du comportement en cours, les "modules fonctionnels" les plus simples (niveaux I et II) assurent constamment un rôle fonctionnel basal et fondamental. Les structures neurales les plus complexes (niveaux III à V) produiraient des fonctions plus élaborées, entre autres, par la mise en jeu coordonnée et organisée des "modules fonctionnels" de base.
Les "modules fonctionnels" "précablés" (niveau II) assurent les fonctions basiques et vitales de l'organisme. Les structures neurales plus complexes (niveau III à V) assurent des fonctions plus élaborées, qui, sans être vitales, permettraient une plus grande adaptabilité aux contraintes de l'environnement. Ces structures peuvent être supprimées (expérimentalement ou en changeant de lignée phylogénétique) sans compromettre la survie de l'organisme.
h - "Cœur" fonctionnel
La structure générale du système nerveux mammalien serait fondamentale pour comprendre à la fois la dynamique des processus neuraux, tant émotionnels que cognitifs, et celle des différents comportements.
Il semblerait que le système nerveux soit globalement similaire, tant dans un aspect structurel que fonctionnel, chez toutes les espèces de mammifères.

Système limbique
Le "cœur" fonctionnel du système nerveux mammalien, tant pour les grands processus physiologiques que pour les comportements de base, serait constitué par les structures dites "limbiques".
L'important développement du néocortex chez les primates n'aurait pas modifié le fonctionnement global du système nerveux mammalien. Les fonctions prises en charge par le néocortex seraient devenus plus complexes et élaborées, mais la dynamique cérébrale générale, les processus neuraux de base ainsi que les aspects fondamentaux des comportements seraient restés similaires.
La prédominance fonctionnelle des structures limbiques chez l'homme proviendrait, dans cette analyse phylogénétique, de l'architecture générale du système nerveux mammalien où ces structures en constituent le "cœur" fonctionnel.
i - Facteurs temporel
De manière indirecte, le facteur TEMPS est également un facteur d'émergence des propriétés neurales.
Au cours du temps, en raison du développement cérébral, de l'interaction avec l'environnement et de l'accumulation de connaissances et d'expériences personnelles, le système nerveux évolue de façon quasi irréversible vers des états plus élaborés et toujours différents.
Un même stimulus, un même événement provoquera des réactions et des évolutions différentes suivant l'époque à laquelle il survient.
En plus de la connaissance structuro-fonctionnelle du système nerveux, la connaissance du passé et du vécu d'une personne semble être nécessaire à la compréhension de sa dynamique tant comportementale, émotionnelle et cognitive que psychique.
j - Influence du milieu
De manière très générale, il semblerait que le milieu ait une influence important dans le développement du système nerveux, tant dans les aspects émotionnels ou cognitifs que comportementaux.
L'environnement induirait une "structuration" et une "instruction" fonctionnelle des processus cérébraux.
On observe que les stimuli sensoriels provoqués par l'environnement ont un effet "instructif" sur le développement fonctionnel du néocortex.
Par exemple, la modification expérimentale par neurochirurgie des projections sensorielles induit une réorganisation fonctionnelle du néocortex. Des projections visuelles déroutées vers l'aire auditive induisent la modification du pattern fonctionnel électrophysiologique "auditif" en "visuel".
Par ailleurs, il semblerait que tout contexte ou phénomène distinct et présentant des régularités bien caractérisées exerce une influence structurante sur la dynamique fonctionnelle du système nerveux, et tout particulièrement pour les traitements cognitifs.
Par exemple, la régularité des phénomènes géoclimatiques serait un des facteurs du développement des processus d'anticipation et de planification.

k - Rétroaction fonctionnelle
Définition de la rétroaction fonctionnelle
La "rétroaction fonctionnelle" correspondrait à l'effet en retour produit sur la dynamique cérébrale par une activité elle même produite par le système nerveux.
l - Les processus dits "émotionnels" & "cognitifs"
D'après de nombreuses données neurobiologiques et cliniques, il semblerait que les processus dits "émotionnels" auraient un rôle crucial dans la dynamique psychique de l'être humain, pour les raisons suivantes :
Les émotions jouent un rôle majeur dans la variation de l'état psychique. Le vécu chronique et intense d'émotions, en général négatives, produit chez le sujet des états de "souffrance psychique", voire de psychopathologie, qui altèrent sa capacité de relation au monde.
m - Apprentissage